Femmes de/en guerre : voi(es)x de l’engagement féminin face à la violence armée dans le nord de l’Irlande (1968-1998) et en Palestine (1967-2000)

Auteur(s): Masse, Johanna
Direction de recherche: Campana, Aurélie
Résumé: Lorsqu'il est question de violence politique, la manière dont les femmes sont représentées trahit très souvent des représentations genrées problématiques, car essentialistes. L'idée que les femmes, en raison de leurs capacités reproductives, sont naturellement opposées à la violence et intrinsèquement pacifiques a ainsi longtemps prévalu. À la différence des hommes pour qui le recours à la violence dans un objectif politique a largement été accepté comme rationnel, ce n'est pas le cas pour les femmes, qui voient leurs actions violentes dépolitisées. Cette dépolitisation des actions passe alors soit par une privatisation du domaine d'action (de la sphère publique à la sphère privée), soit par une déresponsabilisation de l'auteure de l'action (pathologisation de la personnalité et donc des causes). Encore aujourd'hui, cette justification biologisante persiste, consciemment ou inconsciemment, tendant non seulement à favoriser une invisibilisation de la dimension politique de l'action des femmes, mais plus spécifiquement une invisibilisation de la violence politique féminine. Celle-ci se caractérisant par une assimilation presque automatique des femmes à la catégorie de " victimes ". C'est particulièrement le cas dans les cas de conflits armés où cette invisibilisation est renforcée par ce qui est perçu comme une participation très minoritaire des femmes. À partir des cas d'étude des conflits nord-irlandais (1968-1998) et palestinien (1967-2000), l'objectif de cette thèse est de questionner cette représentation de la participation féminine en analysant les multiples manières dont elle s'est exprimée, dans l'espace et dans le temps. Ainsi, empruntant une approche interactionniste symbolique dans une orientation interprétative de la réalité sociale, nous nous sommes intéressées à l'engagement politique féminin en période de conflit armé à travers la méthodologie des histoires de vie. Plus spécifiquement, à partir d'entretiens réalisés avec femmes ayant - directement ou indirectement - fait l'expérience du conflit, ainsi que des témoignages autobiographiques recueillis dans la littérature, nous avons analysé les processus de politisation et trajectoires féminines au cours de ces conflits. Nous l'avons fait d'une part fait à travers leur dimension spatiale, et d'autre part à travers leur dimension temporelle. Ainsi, c'est tout abord à partir des espaces de la maison et de rue, nous permettant d'interroger la traditionnelle dichotomie entre sphère privée et sphère publique, puis de l'espace de la prison, en tant qu'institution totale que nous avons appréhendé l'engagement féminin dans sa dimension spatiale. Par la suite, c'est en ayant recours au concept de disponibilités biographique et aux concepts de répertoire d'actions et d'opportunité politique que nous avons examiné l'engagement féminin dans sa dimension temporelle. Ensemble, les deux dimensions nous permettent de mettre de l'avant la capacité agentielle des femmes en période de conflit armé, celle-ci s'exprimant de manière complexe et enchevêtrée.
Type de document: Thèse de doctorat
Date de publication: 2021
Date de la mise en libre accès: 5 juillet 2021
Lien permanent: http://hdl.handle.net/20.500.11794/69527
Université décernant le diplôme: Université Laval
Collection :Thèses et mémoires

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