Le régime contemporain du droit de la filiation au Québec : d'une normativité institutionnelle à une normativité "fusionnelle"

Auteur(s): Savard, Anne-Marie
Direction de recherche: Deleury, ÉdithElbaz, Mikhaël
Résumé: Le droit québécois de la filiation, codifié pour la première fois au sein du Code civil du Bas-Canada en 1866, fut relativement immuable et plutôt fidèle à ses origines historiques pendant de longues décennies. Toutefois, cette branche du droit a subi d'énormes bouleversements depuis plus d'un quart de siècle, particulièrement lors de la réforme du droit de la famille en 1980 ainsi qu'en 2002, alors que, contrairement au modèle de la reproduction bisexué ayant prévalu au Québec jusqu'alors, il est désormais devenu possible pour un couple de même sexe de se voir reconnaître un lien de filiation avec un enfant. La prise en compte de l'ampleur de ces transformations, s'étant au surplus produites sur une courte échelle de temps, pousse à se questionner sur la nature et le rôle du concept juridique de filiation pour l'individu et, plus largement, pour la société. À l'aide entre autres d'un éclairage psychanalytique, cette thèse souhaite créer une articulation entre la filiation et la construction identitaire de l'individu, afin de démontrer comment le droit de la filiation est passé d'une normativité institutionnelle, c'est-à-dire remplissant un rôle dans l'entreprise de la « fabrication » humaine, à une normativité « fusionnelle », laissant les individus dans un face-à-face avec eux-mêmes et avec leurs proches. À la suite d'une relecture du concept juridique de filiation et de sa fonction identitaire pour l'être humain, cette thèse démontre d'abord comment le droit québécois sous l'égide du Code civil du Bas-Canada (1866-1980) se déployait comme un véritable « montage institutionnel », où les catégories normatives de la filiation, «père», «mère» et «enfant» étaient juridiquement pré-définies. La seconde partie témoigne de l'impact des transformations sociales et juridiques qu'a connues le Québec au cours des années 1960-1970, particulièrement le net recul de la figure étatique au sein du droit de la filiation, désormais déchiré entre deux fondements : la volonté individuelle et la génétique. Il s'agit donc, dans cette thèse, d'expliquer, d'analyser et de mesurer les conséquences pour l'individu de cette mutation, c'est-à-dire ce passage d'une construction de modèle d'élaboration des liens de filiation à sa déconstruction, afin de terminer en proposant quelques pistes pour une reconstruction.
Type de document: Thèse de doctorat
Date de publication: 2011
Date de la mise en libre accès: 18 avril 2018
Lien permanent: http://hdl.handle.net/20.500.11794/23093
Université décernant le diplôme: Université Laval
Collection :Thèses et mémoires

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