Énergétique de la reproduction chez une espèce d'oiseau marin très agressive : le manchot royal

Auteur(s): Viera, Vanessa.
Direction de recherche: Côté, Steeve D.; Groscolas, René
Résumé: L'utilisation de l'énergie est au coeur de l'écologie des organismes et contraint de nombreux aspects de leur comportement et de leurs stratégies d'histoire de vie. L’objectif de cette thèse était de comprendre comment l’énergie intervient dans la modulation des comportements agressifs du manchot royal (Aptenodytes patagonicus), une espèce hautement territoriale pendant la reproduction. Nous avons étudié une colonie de manchots royaux à l’Île de la Possession, dans l’Archipel de Crozet, entre 2003 et 2007. À l’aide de capteurs de fréquence cardiaque (FC) en continu, nous avons validé la méthode de mesure de la dépense énergétique (DE) utilisée. Le recours à cette technique représente notamment une innovation technique dans cette thèse. Cette méthode offrait l’opportunité de déduire les coûts énergétiques associés à des activités spécifiques sans perturber l’animal. Nous avons alors estimé les coûts énergétiques de la reproduction chez cette espèce en fonction de la position du territoire (centre vs. périphérie), du statut reproducteur (incubateur vs. éleveur) et de la date de ponte (précoce vs. tardive) qui constituent des facteurs influençant le succès reproducteur du manchot royal. Nous avons montré que la DE journalière était 32% plus élevée chez les femelles que chez les mâles et qu’elle augmentait tout au long de la saison de reproduction. Les mâles, qui assurent systématiquement le début de l’incubation, avaient une DE jusqu’à 36% plus faible au début de l’incubation que lors du reste de la saison de reproduction, suggérant une stratégie d’économie d’énergie importante afin de gérer la plus longue période de jeûne de la reproduction. Par ailleurs, nous avons trouvé que les oiseaux manifestaient un plus faible taux de comportements agressifs avec contacts, l’activité la plus coûteuse parmi leur répertoire comportemental, que de comportements de menace. Bien que la défense contribue à 13 % du budget d’activité total, les coûts énergétiques associés à ce comportement ne représentaient que 2.5% de la DE journalière. Nous avons aussi trouvé que le niveau d’agressivité des manchots est signalé entre congénères à l’aide de la taille d’un trait ornemental (la tache auriculaire), vraisemblablement afin de minimiser le taux d’interactions agonistiques. Nous avons finalement déterminé comment l’effort parental des manchots, mesuré par différentes variables physiologiques et comportementales, influençait la croissance des poussins et leur succès reproducteur. Nous avons trouvé que la durée des voyages alimentaires était le principal déterminant de nos variables réponses mais aussi identifié que la dépense énergétique, la défense du territoire et la condition corporelle des parents influençaient à tour de rôle positivement le succès reproducteur tout au long de la saison de reproduction. Ce travail précise l’importance de considérer l’énergie pour comprendre les décisions comportementales adoptées par les individus et apporte ainsi des informations nouvelles pour l’étude des espèces faisant face à des contraintes énergétiques sévères.
Type de document: Thèse de doctorat
Date de publication: 2011
Date de la mise en libre accès: 18 avril 2018
Lien permanent: http://hdl.handle.net/20.500.11794/22902
Université décernant le diplôme: Université Laval
Collection :Thèses et mémoires

Fichier(s) :
TailleFormat 
27188.pdf51.09 MBAdobe PDFTélécharger
Tous les documents dans CorpusUL sont protégés par la Loi sur le droit d'auteur du Canada.