L'effacement langagier : l'influence de la langue anglaise et d'Edgar Poe sur l'œuvre de Stéphane Mallarmé

Authors: Lamarre, Sébastien
Advisor: Fortier, Anne-Marie
Abstract: Ce mémoire analyse les différentes formes d'anglophilie que l'on retrouve chez Stéphane Mallarmé. Edgar Poe est grandement responsable de l'attachement du poète français pour la langue anglaise. En effet, celui-ci affirme dans sa correspondance avoir appris cette langue afin de "mieux lire Poe". Cette étude le mène à devenir professeur d'anglais à Tournon où il connaît en 1866 sa "crise". À ce moment-là, le poète voit sa conception de la poésie se transformer radicalement. Durant la décennie suivante, il entreprend des travaux philologiques ainsi que des traductions. La "décennie anglaise" voit Mallarmé se doter d'outils scientifiques afin de résoudre la crise déclenchée quelques années plus tôt. Cette démarche participe à l'œuvre poétique qu'il produira par la suite puisqu'elle replie le langage sur lui-même, séparant ainsi le signifiant de son référant. L'effacement langagier, qu'il met alors sur pied, permet au poète de préserver l'Idéal du grand Œuvre tout en admettant l'impossibilité de sa réalisation. Notre travail étudie d'abord les textes que Mallarmé consacre à Poe. Le sonnet "Tombeau d'Edgar Poe" écrit en 1877, le texte en prose paru dans Divagations en 1897 et les quelques références qui apparaissent dans les Vers de circonstance, publication posthume, dessinent une image héroïque du poète tout en redéfinissant son rôle. Synthèse des mythes grecs et chrétiens, le poète conçu par Mallarmé lutte avec son verbe contre les effets du temps. Les traductions que Mallarmé fait des poèmes de Poe entre 1862 et 1889 permettent à l'auteur français de manipuler la matière sonore d'une façon nouvelle. Sacrifiant le critère de fidélité au profit de la mélodie, le poète essuiera les reproches de critiques du XIXe et du XXe siècle avant de trouver des appuis chez certains traducteurs de poésie dont Yves Bonnefoy. Les ouvrages philologiques de Mallarmé, quant à eux, étudient la langue anglaise comme une langue étrangère. À partir de ces textes, le poète développera le mythe d'une langue autre qui donnerait accès à un monde jusqu'ici inaccessible. De plus, le travail de réécriture qui se fait dans ces ouvrages annonce la "disparition élocutoire du poète" que nous retrouverons plus tard dans "Crise de ver". Finalement, la lecture que Mallarmé fait de Poe l'aide à concevoir l'Œuvre pure ainsi que l'effacement langagier. En mettant la mort au centre de son œuvre, le poète américain prépare la voie à l'écriture hermétique de Mallarmé.
Document Type: Mémoire de maîtrise
Issue Date: 2010
Open Access Date: 16 April 2018
Permalink: http://hdl.handle.net/20.500.11794/21494
Grantor: Université Laval
Collection:Thèses et mémoires

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