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La prématurité modérée et tardive : les trajectoires du fonctionnement comportemental chez l'enfant et de la surprotection parentale

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2020
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Les naissances prématurées modérées et tardives, qui surviennent entre 32 et 36 semaines de gestation, représentent environ 85% des naissances prématurées. Bien que nombreux, les enfants nés prématurés modérés et tardifs (PMT) ont longtemps été considérés comme n'étant pas plus à risque de présenter des difficultés que les enfants nés à terme. Ainsi, leurs trajectoires développementales à long terme sont peu documentées. Un nombre restreint mais croissant d'études suggèrent que les enfants PMT sont plus à risque de développer des problèmes de comportement. Peu d'entre elles se sont toutefois penchées sur l'évolution de ces problèmes dans le temps et sur les facteurs familiaux associés à cette évolution. Par ailleurs, les études dans le domaine obtiennent des résultats divergents. Ainsi, la thèse avait pour premier objectif de mieux comprendre les relations entre la prématurité modérée et tardive et la trajectoire du fonctionnement comportemental des enfants. Dans un premier temps, une recension des écrits a été effectuée afin de mieux comprendre l'état de la littérature actuelle concernant le fonctionnement comportemental des enfants PMT. Cette recension révèle qu'il n'y a pas de consensus clair en ce qui concerne les difficultés comportementales des enfants PMT. Une majorité d'études réalisées en âge scolaire rapportent que les enfants PMT présentent davantage de difficultés comportementales caractérisées par des comportements d'hyperactivité, d'impulsivité, d'inattention, d'anxiété et de dépression. Certaines études rapportent toutefois une absence de différence entre les enfants PMT et ceux nés à terme sur le plan comportemental. La recension a permis de mettre en lumière les divergences méthodologiques entre les études de même que le manque d'études longitudinales dans ce domaine. Elle souligne également le manque d'information sur l'évolution de ces enfants et de leur fonctionnement comportemental au fil du temps. Afin de pallier ces lacunes, le deuxième objectif de la thèse était d'examiner les relations entre la prématurité modérée et tardive et les trajectoires des comportements d'hyperactivité-impulsivité, d'inattention, d'anxiété-dépression et d'agression entre l'âge de 4 et 10 ans au sein d'un échantillon populationnel. Les résultats ont permis de démontrer que la naissance prématurée modérée et tardive est associée à une trajectoire plus élevée de problèmes d'hyperactivité-impulsivité, lorsqu'évaluée par le parent, mais pas par l'enseignant. Par ailleurs, les trajectoires d'inattention, d'anxiété-dépression et d'agression étaient similaires entre les enfants PMT et ceux nés à terme. Afin de mieux comprendre les mécanismes permettant d'expliquer la trajectoire d'hyperactivité-impulsivité des enfants PMT, la thèse avait ensuite pour objectif d'examiner les pratiques de surprotection des parents durant l'âge préscolaire et les relations entre celles-ci, la prématurité modérée et tardive et la trajectoire d'hyperactivité-impulsivité et d'inattention des enfants. Certaines études démontrent que les parents d'enfants prématurés ont plus tendance à surprotéger leurs enfants que les parents d'enfants nés à terme, mais ces études ont essentiellement été réalisées auprès d'enfants de moins de 37 semaines de gestation (incluant tous les enfants prématurés) ou auprès d'enfants grands prématurés (nés à moins de 32 semaines de gestation). Les pratiques parentales spécifiques des parents d'enfants PMT demeurent méconnues. La relation entre la prématurité modérée et tardive et la trajectoire de surprotection parentale entre l'âge de 5 et 29 mois a d'abord été examinée. Ensuite, le rôle de la surprotection parentale et de son interaction avec la naissance prématurée modérée et tardive dans la prédiction de la trajectoire des comportements d'hyperactivité-impulsivité et d'inattention de l'enfant a été examiné. Les résultats démontrent que la surprotection parentale diminue à mesure que les enfants vieillissent au sein de la population et que la prématurité modérée et tardive est associée à une diminution plus lente de la surprotection parentale. Ainsi, plus l'enfant vieillit, plus les parents qui ont un enfant PMT tendent à se distinguer des parents d'enfants nés à terme en adoptant plus de pratiques surprotectrices. De façon cohérente, la naissance prématurée modérée et tardive était associée à un niveau plus élevé de surprotection parentale à 29 mois, mais pas à 5 mois. Les résultats démontrent par ailleurs que la naissance PMT et la surprotection parentale sont indépendamment associées à une trajectoire plus élevée d'hyperactivité-impulsivité pendant l'enfance. Aucune interaction entre la naissance prématurée modérée et tardive et la surprotection parentale n'a été observée. Les résultats suggèrent que les enfants PMT, de même que les enfants exposés à plus de pratiques parentales surprotectrices, tendent à présenter davantage de comportements d'hyperactivité impulsivité. Globalement, les résultats de cette thèse démontrent que les enfants PMT présentent des niveaux légèrement plus élevés d'hyperactivité et d'impulsivité pendant l'enfance et que leurs parents tendent à avoir davantage de pratiques surprotectrices au fil du temps. Les résultats soulignent l'importance d'intervenir tant auprès des parents que des enfants afin de favoriser un fonctionnement comportemental optimal pendant l'enfance.
Moderate to late preterm (MLP) births occur between 32 and 36 gestational weeks. MLP births have been less extensively studied than very preterm births despite the fact that they represent up to 85% of all preterm deliveries. A growing body of research suggests that behavioral problems are not limited to children born very preterm. Indeed, there is some evidence to suggest that MLP births may similarly be associated with behavioral problems, however, studies following MLP children over time using a prospective longitudinal design with repeated measures are scarce. The first aim of this thesis was to better understand the relations between MLP birth status and children's behavioral trajectories across childhood. First, a review of the literature was conducted regarding behavioral functioning of MLP children. In this review, a lack of convergence between studies was observed. Some studies revealed that these children had higher levels of behavioral problems, including hyperactivity, impulsivity, inattention and anxiety-depression, compared to full-term children. However, some studies reported no differences between MLP and full-term children. This review highlighted a limited understanding of the developmental trajectories of MLP children across time, in particular with regards to the course and persistence of behavioral problems in this population. Due to the dearth of research, the goal of this thesis was next to examine the relation between MLP birth status and the overall developmental trajectories of multiple behavioral problems (hyperactivity-impulsivity, inattention, anxiety-depression, and aggression) measured repeatedly from ages 4 to 10 years using reports from primary caregivers and teachers. Results indicated that MLP children were more likely to exhibit hyperactive and impulsive behaviors compared to full-term peers during early childhood, according to parents. However, this relation was small and was not confirmed by teacher evaluations. Moreover, MLP children did not differ from full-term children regarding the overall trajectories of inattention, anxiety-depression, and aggression problems. In order to better understand the underlying mechanisms of the relation between MLP birth status and parent-reported trajectory of hyperactivity-impulsivity, the relations between overprotective parenting during the preschool period, MLP birth and children's hyperactivity-impulsivity and inattention behaviors were examined. While overprotective behaviors were documented among parents of very preterm children, it is difficult to confirm that these behaviors also characterize parents of children born in the period near to term. Thus, the third aim of the present thesis was to examine the effects of MLP birth on the trajectory of overprotective parenting practices during preschool years. This thesis also aimed to determine if parental overprotection might explain the documented relation between MLP birth status and children's hyperactivity-impulsivity and inattention symptoms, and whether this parental behavior interacts with the child's birth status in the prediction of these symptoms. First, the overall trajectory of parental overprotection from 5 to 29 months revealed a small decrease across time. The results also indicated that MLP birth was associated with a slower decrease in parental overprotection across the preschool period and that both MLP birth and parental overprotection were independent predictors of the overall trajectory of children's hyperactivity-impulsivity. Interestingly, there was no evidence of an interaction between MLP birth status and parental overprotection in the prediction of the trajectories of children's hyperactivity-impulsivity and inattention. Results suggested that children born MLP and those exposed to high levels of overprotective parenting presented higher levels of hyperactivity and impulsivity. Overall, the results of this thesis suggested that MLP children were more likely to exhibit hyperactive and impulsive behaviors during childhood, and that their parents were more likely to present higher levels of overprotective behaviors overtime. These results highlight the need to provide interventions for both parents and children to promote optimal behavioral functioning during childhood.
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