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Joseph Fleury de la Gorgendière, 1676-1755, négociant de Québec

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1983

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Joseph Fleury de La Gorgendière, né à Québec en 1676 et décédé au même endroit en 1755, s'avère, de l'avis même de ses contemporains, un des plus importants négociants de la Nouvelle-France. Sa carrière devient ainsi intéressante â étudier d'autant plus qu'il oeuvre dans plusieurs secteurs de l'économie coloniale pendant presque tout le XVIIIe siècle français. La Gorgendière débute en affaires en 1702 comme commis au Fort Frontenac pour la Compagnie de la colonie. En 1708, il se tourne vers le commerce maritime. Son appartenance matrimoniale â un clan lié au commerce atlantique, celui des Grignon, pourrait bien expliquer l'orientation que prend alors sa carrière. Le commerce qu'il entreprend par la suite avec ses deux frères, l'un installé â La Rochelle et l'autre â La Martinique en est une manifestation. De 1708 â 1720, il armera plusieurs vaisseaux et effectuera également des investissements dans les pêcheries, les fourrures et l'agriculture. Bien qu'il semble avoir réalisé un surplus de capital, il éprouve certaines difficultés à recouvrer ses créances rapidement dans la colonie. Cette difficulté et les pertes d'argent subies dans l'exploitation du poste de Témiscamingue quelques années plus tard s'avèrent probablement responsables en grande partie des difficultés financières qu'il rencontre en 1726 dans son association avec son frère Charles. Au début des années 1720, déjà la carrière de La Gorgendière avait pris un nouveau tournant. Le négociant, qui jusqu'à cette date avait oeuvré uniquement dans le secteur privé, va évoluer davantage maintenant dans celui du public. Sa carrière s'organise désormais surtout autour des activités des administrateurs et des financiers métropolitains. A ce niveau, les possibilités de profits étaient nettement meilleures qu'à celui strictement colonial et les créances possiblement plus sûres. La Gorgendière, qui avait atteint une certaine envergure, cherchait naturellement à transiger avec l'Etat. La confiance que lui témoignent au fil des ans les administrateurs en place lui permettra de s'intégrer à ce cercle fermé de privilégiés qui pouvaient faire affaires avec l'Etat et de donner à sa carrière une nouvelle tournure. Cela commence à s'esquisser en 1719 lorsque La Gorgendière devient sous-fermier de la traite de Tadoussac et se poursuit lorsqu'il obtient en 1730 le peste d'agent au Canada de la Compagnie des Indes occidentales. La Gorgendière, par cette fonction, semble avoir atteint l'apogée de sa carrière. Tout en s'occupant des affaires de la compagnie, le négociant poursuit ses propres activités qui s'insèrent souvent dans les rapports qu'il a établis avec l'Etat. Assurément, la carrière du négociant a pris de l'ampleur depuis 1720. Toutefois, a sa mort, La Gorgendière laisse une fortune d'environ 80,000 livres. D'un homme qui brassait de si grosses affaires, on aurait pu s'attendre a plus. La guerre de la Succession d'Autriche pourrait expliquer cette situation. Elle donne en effet l'occasion aux négociants bordelais, qui contrairement aux négociants rochelais peuvent satisfaire les conditions d'armement en cette période, de s'immiscer dans le commerce canadien. Leur intervention brise les liens transatlantiques d'avant-guerre. La Gorgendière en aura peut-être souffert. Ses trois garçons ne suivent pas sa trace. A part le plus jeune des trois, on peut parler de régression sociale, sinon d'immobilisme. Ses quatre filles concluent de bons mariages. Une comparaison de la carrière de La Gorgendière avec celles des grands négociants du XVIIe siècle, tels Charles Aubert de La Chesnaye et François Hazeur, est intéressante à faire. Ces négociants enregistrent des faillites coup sur coup. La Gorgendière, quanta lui, obtient malgré certaines difficultés, une réussite relative. Pourquoi? Selon nous, cette différence s'explique par le fait que La Gorgendière a pu profiter d'une conjoncture plus favorable et de la présence grandissante de l'Etat. La question mériterait d'être approfondie.

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