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Bohumil Hrabal et la poétique de la destruction : le cas d'Une trop bruyante solitude

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2022
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En Tchécoslovaquie, les lendemains du Printemps de Prague (1968) sont marqués par une forte répression. Bohumil Hrabal (1914-1997), devenu célèbre par ses parutions des années 1960, est alors interdit de publication dans les maisons d'édition d'État, à l'instar de nombre d'auteur·e·s de l'époque. Il diffuse donc son texte Une trop bruyante solitude (1973-1974) en samizdat, un moyen d'auto-publication employé en Tchécoslovaquie comme en Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) ainsi que dans d'autres pays du bloc de l'Est pour contourner les contraintes censoriales. Par le prisme de ce texte, cette étude s'intéresse à la rencontre entre la figure ambiguë de Hrabal, qui collabore parfois avec les autorités, parfois avec la dissidence, et la sphère des samizdats, sorte de brèche dans l'ère Gutenberg. Ce mémoire examine les contextes sociohistorique, symbolique et matériel d'Une trop bruyante solitude en s'appuyant sur des théories de l'histoire du livre et de la matérialité de la littérature. La recherche montre comment le récit fait écho à sa forme matérielle - un samizdat qui circule clandestinement dans un contexte de censure étatique pour raconter une histoire de livres que l'on détruit. Cet exemple amène à considérer la censure, thématisée à l'intérieur du récit, non plus seulement sous l'angle de l'interdiction ou de la restriction de la parole, mais aussi sous celui de la création.
In Czechoslovakia, the aftermath of the Prague Spring (1968) was marked by severe repression. Bohumil Hrabal (1914-1997), who had become famous through his publications in the 1960s, was banned from publication by state publishing houses, as were many other authors of the time. He therefore distributed his text Too Loud a Solitude (1973-1974) in samizdat, a means of self-publication used in Czechoslovakia, the Union of Soviet Socialist Republics (USSR), and other countries of the Eastern Bloc to circumvent censorship constraints. Through the prism of this text, this study focuses on the encounter between the ambiguous figure of Hrabal, who sometimes collaborates with the authorities, sometimes with dissidence, and the sphere of samizdats, a kind of crack in the Gutenberg era. This dissertation investigates the socio-historical, symbolic, and material contexts of Too Loud a Solitude by drawing on theories of book history and the materiality of literature. It shows how the narrative echoes its material form - a samizdat that circulates clandestinely in a context of state censorship to tell a story of books being destroyed. This example leads us to consider censorship, thematized within the narrative, not only from the point of view of prohibition or restriction of speech, but also from that of creation.
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