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Ressources linguistiques et visée référentielle chez des individus bilingues français-anglais : l’alternance codique comme stratégie d’expression sur le plan lexical

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2018
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L’alternance codique est un comportement langagier incontournable partout où il y a du multilinguisme. Elle est aussi un phénomène complexe dont une description juste ne sera possible que par la mise en commun d’une diversité de traditions empiriques et épistémologiques. Cependant, elle n’est qu’exceptionnellement abordée dans une perspective où l’on tient compte de ce que le locuteur exprime sur le plan sémantique au moyen de ses alternances. Cette étude vise à combler cette lacune en mettant sur pied une méthode d’analyse des occurrences d’alternance codique qui permettra de prendre en compte les possibles intentions référentielles du locuteur, et ce, dans un cadre d’analyse qui envisage le locuteur bilingue comme un usager pleinement impliqué dans l’emploi de ses ressources linguistiques. Cette méthode sera élaborée à travers une analyse quantitative et qualitative sur corpus, à savoir des corpus de conversations semi-dirigées enregistrées auprès des locuteurs bilingues anglais-français de l’Alberta et du Maine. Dans l’ensemble, les résultats démontrent que cette méthode est fructueuse. Même avec plusieurs restrictions pratiques, il a été possible d’identifier des tendances dans l’usage d’unités faisant l’objet d’alternance codique, tendances qui peuvent être attribuées à ce que l’unité est employée pour exprimer. Notamment, les locuteurs dont les productions sont étudiées semblent produire de l’alternance codique afin de se prévaloir des unités lexicales qui structurent et gèrent l’interaction d’une manière précise, orientent l’interprétation des énoncés et jouent un rôle dans l’entretien des relations interpersonnelles et la protection des faces. De plus, il en ressort que l’alternance codique elle-même est une ressource linguistique qui peut servir à ancrer la visée référentielle. Ces résultats indiquent que non seulement on peut, mais on doit prendre en compte la dimension de l’expression sémantique dans l’étude de l’alternance codique comme une partie constitutive des habitudes de pratique, des compétences communicatives, et ultimement, des expériences vécues des locuteurs bilingues.
Code-switching is an undeniable fact of language activity for multilingual individuals and communities everywhere. It is also a complex phenomenon, a complete description of which is impossible without combining a multiplicity of empirical and epistemological traditions. However, code-switching is only rarely studied from a semantic perspective, in which the meanings the speaker seeks to express through switched lexical units are taken into account as a possible reason for the switch. This study endeavours to fill a gap in the literature by establishing a method of analysis that takes such meanings into account, within a framework that considers bilingual speakers as fully-involved agents in the use of their linguistic resources. This method is elaborated through a qualitative and quantitative analysis of corpus data, specifically audio or audio-visual recordings of semi-structured interactions between French-English bilinguals in Alberta and in Maine. The results of this study indicate that the method put forward is productive. In spite of several practical restrictions on the data and the analysis, it was possible to identify trends in the usage of code-switched units that can be attributed to the meanings those units are used to express. In particular, the speakers whose productions were studied appear to code-switch in order to avail themselves of lexical units that help to structure and manage the interaction in specific ways, direct the interpretation of utterances, perform face-protecting acts, and manage interpersonal relationships. What is more, code-switching itself appears to be a linguistic resource that has semantic value. These results demonstrate that it is not only possible but necessary to include the dimension of semantic expression in the field of code-switching research, since it forms an integral part of the language practices, the communicative competences, and ultimately, the lived experiences of bilingual speakers.
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