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Néolibéralisme et inégalités

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2020
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Les inégalités de revenu augmentent partout en Occident depuis les années 1980. Le 1% d’individus les plus riches de tous les pays d’Europe et d’Amérique du Nord capte une part de plus en plus grande du revenu national total, alors que cette part stagne ou diminue pour les 90% les moins nantis. Les causes du creusement des inégalités sont institutionnelles: ce sont des mécanismes mis en place par les États qui favorisent l’accumulation de revenu par les plus aisés au détriment des moins fortunés, la diminution du taux marginal maximal d’imposition (le dernier palier d’imposition) en étant l’illustration exemplaire. Mais pourquoi les États empruntent-ils ce chemin depuis une quarantaine d’années? Suite à la récession du début des années 1980, on a assisté à la remise en question de l’État-providence, lequel avait marqué la pratique gouvernementale du sceau de l’interventionnisme depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Cet interventionnisme visait essentiellement à protéger les individus des aléas du marché et avait concordé avec une réduction des inégalités. Or, la crise poussa les États à reconsidérer leurs politiques économiques. On a alors vu triompher l’idée voulant que si l’interventionnisme était un échec, il fallait laisser le marché organiser la société. On assista ainsi à un retour du libéralisme. Mais, entre-temps, ce dernier s’était renouvelé, abandonnant l’idée du laissez-faire et admettant désormais qu’il revient à l’État d’assurer activement non seulement la mise en place du marché, mais également la généralisation de ses principes à des domaines qui lui échappaient traditionnellement. C’est ce néolibéralisme qui a guidé et qui guide encore aujourd’hui la pratique des États, et c’est à sa théorie qu’il faut se frotter pour comprendre l’augmentation récente des inégalités.
Abstract Income inequality has been increasing everywhere in the West since the 1980s. The 1% of the richest individuals in all European and North American countries getsa larger and larger share of total national income, while this share stagnates or decreases for the poorest 90%. The causes of widening inequalities are institutional: they are mechanisms put in place by the states which favor the accumulation of income by the rich ones at the expense of the less fortunate ones, the reduction of the marginal maxima ltax rate (the top tax rate) being the prime example. But why have the states been following this path for forty years? Following the recession of the early 1980s, the welfare statethat prevailed since the end of the Second World War, whose practice was characterized by a strong interventionism, was challenged. This interventionism was essentially aimed at protecting individuals from the riskiness of the market and had concurred with a decrease in inequalities. The crisis led states toreconsider their economic policies. We then saw the triumph of the idea that if interventionism wasa failure, the market must be allowed to organize society. We thus witnessed a return of liberalism. But in the meantime, the latter was renewed, abandoning the idea of laissez-faire and now admitting that it is up to the state to actively ensure not only the establishment of the market, but also the generalization of its principles to areas that traditionally eluded it. It is this neoliberalism that has guided and still guides state practice today, and itis itstheory that must be analyzedto understand the recent increase in inequality.
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